La Martre

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Patrimoine

Patrimoine

Notre patrimoine

Plusieurs monuments, ruines vestiges du passé constituent le patrimoine de la Martre et vous content l’histoire et la vie des gens du pays.

four à chauxLes fours à chaux :

Les fours à chaux domestiques (et non industriels) sont tous temporaires et tablis au milieu des forêts. Ceux utilisés sur la commune de La Martre (comme ailleurs) sont des cavités en forme de fer à cheval, creusées dans le sol (dans un talus de préférence) afin que l’épaisseur de la terre qui l’environne retienne davantage la chaleur. Du bois est déposé en fagots au coeur du four, puis les pierres de calcaire sont entreposées en voûtes, de manière à cuire de façon régulière. Une cheminée est ménagée au coeur des pierres afin de favoriser le tirage lors de la combustion.Four à chaux coupe Celle-ci dure un jour entier ou plus selon sa taille, à 1000°. Les pierres, une fois cuites, donnent de la chaux vive (il n’y a donc plus aucun reste de four après sa cuisson). Cette chaux peut être éteinte à l’eau, ce qui donne alors de la chaux hydraulique, utilisée dans les mortiers propres à la construction des murs. Cette chaux pouvait être aménagée dans des fosses hermétiques afin d’être conservée.

La chaux vive est utilisée pour blanchir les maisons (généralement chaque printemps), et cela dans un rôle à la fois sanitaire, esthétique et prophylactique. Il est impossible de dire combien de fours il pouvait y avoir sur la commune. Mais l’actuelle « Piste des fours à chaux » de La Martre conserve un certain nombre de traces de cette activité très courante, et très consommatrice de bois. Dans les archives, seules deux mentions de fours à chaux ont été trouvées. Ils y sont mentionnés comme étant la cause de trop nombreux défrichements (1746), ou bien comme étant l’occasion d’une querelle avec la communauté de Bargème qui a fait un four à chaux dans le défens de Picauvet (1749). Repérer sur le terrain ce type de constructions précaires, et anciennes, demande, comme pour les charbonnières, un oeil averti : ils ont l’aspect de « cratères » entourés d’une butte, colonisés par la végétation et noyés dans le couvert végétal.


Ruines scirieLe moulin et la scierie :

L’historique du moulin et de la scierie de La Martre (fin XVIe-XXe siècle)
Dans le cadastre napoléonien, il est nommé « Canal de la Scie et du Moulin ». L’emplacement de la prise d’eau (le barrage de pierres et de poutres) du XVIIIe siècle n’a guère changé. La chaussée de 47,5 m de long, longe la berge de l’Artuby. Ruine scierieOn marche dessus pour l’entretenir, mais aussi pour gagner la zone de Brouis, immédiatement au dessous du barrage.Le canal a dû été rectifié entre 1755 et 1845, il est représenté de manière quasiment rectiligne et de largeur sensiblement égale. L’emplacement du barrage sur la rivière n’est pas indiqué, sans doute se trouve-t-il dans le prolongement de son mur de soutien. Le bassin de retenue d’eau près des bâtiments est bien indiqué, on y devine aisément la place des écluses.

Ce moulin mesure  5,7m de long (3 cannes) sur 3,8 m de large. Il est haut de 5,7 m et constitué de deux niveaux. Il fonctionne avec une roue horizontale (contrairement à la scie qui fonctionne avec une roue verticale). Ainsi, les deux systèmes se retrouvent dans le même bâtiment. Le moulin est bâti sur deux niveaux, mais ne contient pas d’habitation, le meunier habite à côté. Le cadastre napoléonien indique que la parcelle A 859, moulin à farine et maison, occupe 60 ca au sol soit 60m². C’est au cours du XIXe siècle que le moulin proprement dit se double d’une maison d’habitation. On remarque qu’en 1755, on parle d’emplacement de la scie et non pas de bâtiment. Seul est alors bâti, à chaux et à sable, le mur nord avec sa « cheminé d’entrée » de l’eau. Son emprise au sol est de 36,1m², les experts préconisent une réfection du toit posé sur piliers, pas de murs. La partie mécanique est très sommaire : il s’agit du « carré de la scie » (le cadre sur lequel on pose la poutre), de la scie elle-même et d’une « roue de fer ». Si l’on se rapporte aux exemples de scies hydrauliques relevés aux XVIe et XVIIe siècles, on constate qu’il s’agit vraisemblablement d’une scie à simple, engrenage telles qu’on les rencontre à la fin du XVIe siècle. Son caractère ancien est encore souligné par le fait que le toit n’est plus étanche et que même l’arrivée d’eau menace ruine.

La production de la scie :

Quelques éléments très épars peuvent être trouvés dans les textes. Il faut noter que la scie ne tourne pas à plein temps : les glaces de l’hiver, les crues de l’Artuby comme la sécheresse estivale (mentionnée seulement en 1857, mais évidemment présente depuis toujours) contraignent la scierie à chômer. Voilà ce qui a pu être trouvé. En 1649, Antoine Valentin, aubergiste aixois à qui le seigneur doit de l’argent, fait une saisie à la scierie de 218 douzaines de planches (2 616 ais sive taules), de 148 douzaines de poutres (1 776 esquairas), de 14 douzaines de solives (168 quartons) en pin et sapin, et de 60 charges de blé rouge. En 1755, dans Brouis, montagne de Chaîne et du Grand Collier40 : « vers le plus haut du cotté du midy il s’y trouve un abatement très considérable des pins et des sapins qui nous aurait apparu procéder des grands coups de vent, et que ledit bois s’est totalement pourri et gaté sur la place nonobstant qu’il eut été suffisant pour faire travailler la scie avant qu’il fut pourri tout au moins pendant cinq années ».

En 1856, on a quelques renseignements statistiques sur l’industrie à La Martre : un marchand de bois est à la scierie, avec 5 ouvriers, et ils fabriquent des planches et poutres vendues sur Grasse (vendues 1, 25f. le mètre environ les planches de 2m de long, et 4 francs le mètre de poutres).

En 1857, encore grâce aux renseignements statistiques sur l’industrie, on apprend que cette scierie n’occupe qu’un seul maître ouvrier avec toute sa famille. Il est impossible de préciser leur salaire journalier attendu qu’ils ne peuvent pas travailler toute l’année. On sait cependant que toutes les pièces de bois fabriqués à cette scierie sont pris dans la forêt de Brouis et qu’une quantité de 3000 à 4000 douzaines de planches (et quelques fois un peu plus) en sortent pour être transportées à Cannes.

Il est interdit de couper des arbres vifs (du bois vert) sans autorisation, à la Colle de Brouis, et de faire commerce de bois sans passer par la scie de la commune (seul le fermier de la scie peut en vendre)

En 1701, un document nous indique que la montagne de Brouis ne contiendrait plus assez d’arbres pour faire fonctionner la scie à eau. A partir de cette date, le défens va être divisé, et la gestion des bois rationalisée : une partie est réservée pour l’usage de la scie dont seuls les fermiers gérants vont couper des arbres, l’autre partie reste à l’usage des habitants.

Le canalLe canal :

Le canal mesure 292,60 m en tout, depuis la prise d’eau jusqu’à la scierie et au moulin. Canal 2Sa largeur varie de 75 cm à 1,25 m ; sa profondeur est constante : 0,75 m. Sur sa berge supérieure poussent quelques pins (baliveaux et adultes), des buis et de la mauvaise broussaille (épineux tels que prunelliers, aubépines, églantiers.

En 1755, le canal est nommé la béalière : de la longueur de cent cinquante quatre cannes = 292,60 m. « La dite béalière a,  à des endroits trois, quatre et jusqu’ à cinq pans de largeur (0,75 m, 1m-1,25m) et trois pans de profondeur (0,75 m), et qu’elle n’est pas à droite ligne (elle n’est pas rectiligne) ».



La chaussée (prise d’eau) : « au commencement de laquelle béalière aurions trouvé une chaussée par laquelle on prend l’eau pour l’usage de ladite scie et moulin, faite avec de grosses pierres et des poutres placées en travers et en long, laquelle chaussée a vingt cinq cannes de longueur (47,5), six cannes (11,4 m.) de large et à des endroits sept cannes (13,3 m.) ».

Le mur de soutien du canal : « pendant la longueur de neuf cannes (17,1m.) et quatorze de large (26,6m.), [la béalière] est soutenue avec un pavé de grosses pierres, et des poutres en travers et en long clouées avec de gros clous ».

Le bord supérieur : « le dessus de ladite béalière est agrégé de quelques baliveaux, mauvais pins, de buis et autre mauvaise broussaille ».

Le bord inférieur : « ledit soutien est (sic) terrain est occupé par quelques

pins et mauvaise broussaille à l’exception de la longueur de dix-huit cannes (34,2 m)

qui est au dessous du bâtiment et qui aboutissent à la Sie (sic) ».

Au bout du canal : « ladite issue,  l’eau se partage en deux endroits, desquels il y en a un qui fait travailler la scie et l’autre le moulin et paroir lors qu’il sera en état ». Le canal se déverse dans un bassin de retenue près des bâtiments qui contient trois écluses, l’une d’elles fait tourner la scie, une autre le moulin et la dernière, certainement bouchée, l’ancien paroir alors ruiné.

Canal de sortie des eaux : « au bord dudit canal il y a deux saules sans branches vieux et mauvais ».

Les charbonnières :

Le principal combustible (avant la vapeur et l’électricité) était le charbon : soit de terre (minéral), mais surtout issu de la combustion du bois.Sur le terrain, il est difficile de retrouver les emplacements des charbonnières. En effet, ils se présentent généralement sous la forme d’un rond d’herbe, à la terre plutôt noirâtre et sur lequel rien n’a repoussé. Un seul toponyme concernant cette activité a été retrouvé (le Vallon des charbonnières à Châteauvieux), et Charbonnières en chauffeseulement quelques rares mentions dans les archives attestent de leur présence sur La Martre. Ainsi, en 1651, on sait que le baille de la Martre fait des charbonnières avec les hêtres de l’ubac de Brouis et y coupe des chênes pour se chauffer en contravention des règlements fixés par le Seigneur :
« A présent comme du passé [le baille continue] à faire de charbonnières et couper quantité de chênes a la colle de brouis pour son chauffage ».


FontaineFontaine :


La fontaine communale du village -  (1842)
Dans l’histoire de tous les villages de Haute Provence l’eau tient une place essentielle. La recherche de sources, la construction des puits, l’entretient des canalisations…… sont parmi les préoccupations constantes des habitants. Les corvées « d’eau » rythmaient la vie quotidienne plusieurs fois par jour.
Plusieurs fois par jour il fallait aller s’approvisionner à la fontaine publique ou au puits, qui créait un lieu d’animation dans le village. On s’y rencontrait en allant chercher l’eau ou en venant rincer le linge. On s’y attardait en discutant ou en faisant boire les animaux.
La fontaine est indispensable. Fontaine inscriptionElle devient un élément symbolique de la commune, objet d’attention décoratif et politique.
A La MARTRE la présence de la fontaine à cet endroit est attestée depuis 1842 mais elle est probablement plus ancienne.
1909 marque la date d’une restauration et la pose de la plaque de distribution. Comme dans de nombreux village, une plaque commémorative gravée dans la pierre rappelle l’évènement ou le maire de l’époque. Le maire de l’époque n’a pas oublié d’y faire graver son nom. Ces fontaines constituent l’un des « dons » les plus répandus de la part des élus.

Le Pont de Madame :

Le Pont de Madame offert en 1735 par Thérèse Isnard de La Martre pour rejoindre Bargème de l’autre côté de la Montagne de Brouis.
Pont Madame 2L’une des principales difficultés de l’édification de ces « ouvrages d’art » restait leur coût qui dépassait souvent les moyens de la communauté  villageoise. On se tournait alors vers l’administration centrale…sans avoir toujours satisfaction.


OratoireL’Oratoire Ste Marthe :

 

Le Puy de LA MARTRE :

(Fossiles, poteries)

Une haute et longue croupe boisée s’étend entre le Vallon de Demueyes et les collines de Peyroules. Elle surplombe le village de La Martre et le hameau du Coulet. Sur son versant méridional jaillissent, en un point appelé le Thouron (du nom de Thor, dieu des eaux), des sources abondantes qui alimentent le pays.
poterie RomaineCette colline est particulièrement riche en coquillages fossiles : ammonites, bélemnites, etc… Ce terrain appelé « Martrensis » est très connu en géologie. Le British Muséum de Londres conserve plusieurs spécimens qui ont été découverts à La Martre. En 1895, un architecte de Draguignan, M. Azam, a trouvé dans ces parages une vertèbre géante de dinosaure.
Dans les crevasses creusées ou élargies par les eaux on trouve en quantité des débris de poteries romaines et de briques sarrasines.

La Martre 2012

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